Seigneurs de Parthenay

 

Josselin 1er (? - vers 1012)

C'est le 1er seigneur de Parthenay dont le nom nous soit parvenu. En fait, l’histoire n’en conserve le souvenir qu’à travers l’attrait que sa femme et son château avaient aux yeux du comte du Poitou. Ce dernier les promettait à Hugues, seigneur de Lusignan, pour le détourner du mariage que ce dernier souhaitait faire avec la fille de Raoul, vicomte de Thouars. Ce seigneur était en guerre avec Guillaume-le-Grand, comte du Poitou. Un document pourrait attester l’existence de Josselin en 988. À la lumière d’un autre document des années 1050, les seigneurs de Parthenay ne sont pas les propriétaires de la terre qui appartient alors à la famille d’un Jacquelin. – Il est souvent dit que les seigneurs de Parthenay étaient issus de la branche des Lusignan, mais c’est seulement la filiation par les femmes qui leur donne cet attachement. Quelques auteurs donnent également une filiation avec un comte du Poitou, ce qui n’est pas impossible.

 

Guillaume 1er (vers 1021 - vers 1058)

Si les archives restent avares en renseignements quant à sa parenté avec Josselin 1er, elles le sont beaucoup moins en ce qui concerne sa vie. On s’accorde à considérer qu’il était le fils ou le neveu de Josselin 1er. D’après Paul Marchegay, un document de 1005, concernant un fief octroyé par la première femme du comte du Poitou, pourrait le concerner et accréditerait la thèse selon laquelle il serait le neveu de Josselin. La rareté des documents de cette époque ne permet pas de trancher. Le 1er acte avéré où il est cité est une lettre d’Isembert 1er, évêque de Poitiers, rédigée vers 1021. Cité régulièrement dans les archives parmi les principaux nobles du Poitou, Guillaume fait partie de ceux à qui le pape Jean XIX donne le nom de seigneur d’Aquitaine en 1031. Ingénieux et opportuniste, Guillaume utilise habilement le conflit qui oppose les comtes du Poitou et d’Anjou. C’est à cette époque qu’il s’approprie l’éperon de Germond et qu’il y construit un château avec l’aide des Angevins. Ce château reviendra un temps dans la mouvance directe du comte du Poitou avant d’être rattaché définitivement à la baronnie de Parthenay. D’autre part, il est possible qu’on doive à Guillaume, si ce n’est l’installation du château sur le plateau de la Citadelle, au moins le fort développement de la cité. La dernière charte connue qui fasse mention de lui remonte au 12 mai 1054. Époux d’Aremgarde (ou Oremgarde), qui devait venir d’une famille du Bas-Poitou, il eut comme enfants Guillaume, connu de 1025 à 1047, qui ne lui survit pas ; Josselin, qui lui succède ; Simon, Gelduin et Ebbon qui prendront chacun à leur tour la tête de la baronnie ; Béatrix, encore enfant lorsqu’elle est vouée par ses parents à devenir religieuse à l’abbaye Notre-Dame de Saintes en 1047. Elle s’y trouve en 1057.

 

Josselin II (vers 1058 - 1086)

Fils de Guillaume 1er, il est trésorier de l’abbaye de Saint-Hilaire de Poitiers lorsqu’il devient seigneur de Parthenay vers 1058. Du fait de sa fonction ecclésiastique, il dirige sa seigneurie avec son frère Simon. Il ne prend que rarement l’appellation de seigneur de Parthenay sauf dans une charte de Saintes en 1058, celle qui concerne la fondation du bourg de Saint-Paul en 1070 et une de 1078. Il porta un vif intérêt au monastère bénédictin de Luçon qu’il enrichit en terres et revenus et pour lequel il fit reconstruire les bâtiments détruits par le comte du Poitou. On lui doit sans doute la récupération du morceau de la relique de la vraie croix. De plus, l’antériorité possible de la fondation de l’église du Sépulcre aux Croisades fait également supposer qu’il n’est pas étranger à la création de cet édifice. C’est sans doute à lui que l’on doit l’arrivée des moines de la Chaise-Dieu à Parthenay-le-Vieux, avant la rédaction de la charte officielle de 1092. Il connaissait fort bien Robert de Turlande (mort en 1067), fondateur de cette abbaye, mais aussi Rainaud, ancien moine de cette même abbaye, responsable de l’école Saint-Cyprien de Poitiers. En 1060, Josselin est nommé archevêque de Bordeaux. Avocat des réformes du pape, mais aussi ami fidèle de Bérenger de Tours qui prône quelques hérésies, il est fort connu dans la chrétienté. Cela lui vaut le surnom de Grand Archevêque. Cette renommée fit que son neveu prit le nom de Larchevesque, patronyme qui restera à sa lignée. Vers 1070, dans la charte de fondation du prieuré et bourg de Saint-Paul, il est dénommé dominus Gauscelinus Burdegalensis archiepiscopus, senior honoris Parthenaci legit. En 1074, il est à Rome auprès du pape Grégoire VII. Josselin décède le 19 juin 1086 et est inhumé à Luçon. Il est probable que sous son règne, la cité de Parthenay a encore accentué son développement.

 

Simon 1er (vers 1058 - vers 1075)

Fils de Guillaume 1er, il commence a apparaitre dans des chartes en 1047 et 1058. Bien qu’il ne soit pas réellement seigneur de Parthenay, il administre pleinement les domaines de ses ancêtres jusqu’à sa mort survenue vers 1075. Les charges ecclésiastiques de son frère Josselin lui permettent d’apparaître aux yeux de ses contemporains comme le seigneur exécutif de Parthenay. Il porte pour cela le nom de vidame. Vers 1070, il signe la charte de fondation du prieuré et bourg de Saint-Paul. En épousant Milésendre ou Milésinde de Lusignan, il rapproche les deux lignées. Son premier enfant, qui décède avant lui, portera d’ailleurs le prénom Hugues, ordinairement donné aux garçons aînés des Lusignan. Il eut en outre deux enfants qui devinrent seigneur de Parthenay : Guillaume II et Simon II.

 

Gelduin (1086 - 1093)

Fils de Guillaume 1er, il devient seigneur de Parthenay en titre au décès de Josselin II, mais cette place est également convoitée par son frère cadet Ebbon. On les trouve cités tous les deux dans une charte de l’abbaye de Nouaillé, rédigée entre 1088 et 1091 : Ebo de Partanai, Geldoinus, frater eius. La manière dont ils sont mentionnés, laisse supposer qu’Ebbon a déjà pris l’ascendant sur son frère. On comprend mieux qu’en 1091, Ebbon se révolte, envahit les possessions de son frère et ravage le pays pour contraindre les habitants à le reconnaître comme seigneur. Obligé de demander l’aide au comte du Poitou, ce dernier chasse Ebbon des terres de Parthenay et fortifie le château de Germond qui avait été abandonné. En 1093, Ebbon revient à la charge et s’empare du château de Germond. C’est probablement lors de ce combat que Gelduin trouve la mort. Il avait Pétronille pour épouse et eut Odon et Eudes comme fils.

 

Ebbon (1086 - 1110)

Dernier fils de Guillaume 1er, son frère Josselin, archevêque de Bordeaux, l’associe à l’administration de Parthenay à la mort de Simon, et ce, en écartant Gelduin à qui cette fonction aurait du revenir. Coseigneur de Parthenay avec son frère Gelduin en 1086, il se retrouve seul à la tête de la Gâtine à la suite d’un conflit fratricide qui voit la mort de ce dernier vers 1094. Ebbon se fait connaître par sa brutalité. Il participe semble-t-il à la première croisade et revient en 1099. Allié au comte d’Anjou, il affronte le comte du Poitou jusqu’à sa mort. Son épouse est Phanie et ses enfants connus Gelduin et Simon. Aucun ne prit la tête de la baronnie.

 

Guillaume II (1110 - 1120)

Fils aîné de Simon 1er, il était trésorier de l’abbaye de Saint-Hilaire de Poitiers, comme l’avait été en son temps Josselin II, son oncle ; ils sont d’ailleurs cités ensemble dans une charte de 1075. Comme son oncle, il ne prend pas totalement la tête de la baronnie qui lui échoit en 1110 et délègue à son frère Simon l’administration de la Gâtine. Il avait espéré, un temps, pouvoir devenir à son tour archevêque de Bordeaux.

 

Simon II (1110 - 1121)

Second fils de Simon 1er, il administre la baronnie au nom de son frère Guillaume II. À peine à la tête du domaine, et sans qu’on en connaisse la cause exacte qui semble néanmoins être due au droit de rachat, il entre en conflit avec le comte du Poitou aux côtés d’Hugues de Lusignan. La guerre que se livrent les protagonistes est si vive, si acharnée, que les chartes de l’époque y font référence comme paramètre de datation. En 1118, Simon est fait prisonnier par le comte du Poitou après une bataille désastreuse. Il ne sera relâché qu’en 1120 et meurt l’année suivante. Il avait pour épouse Empéria et eut comme enfants Guillaume III et Ebbon, qui meurt avant son frère aîné. Une fille devient religieuse de Fontevraud et Simon donne à cette occasion la terre de La Blandinière à l’abbaye. Guillaume, son fils, y ajoute ensuite la terre de La Vilanerière.

 

Guillaume III Larchevêque (1120 - vers 1140)

Fils de Simon II, il prend temporairement la tête de la seigneurie durant la captivité de son père. Cherchant à s’attirer les bonnes grâces des religieux pour le faire relâcher, il octroie une nouvelle charte pour la fondation du bourg et prieuré de Parthenay-le-Vieux en 1119. C’est dans ce document qu’il prend pour la première fois – connue – l’appellation de Larchevêque, Guillehmus Archiepiscopus. Dans un document un plus récent, il est désigné part la formule Guillelmus filius jamdicti Simonis et predicte Emperie. C’est tout à la foi pour redorer le blason de sa famille en perte d’influence et pour honorer son grand-oncle, que Guillaume prit cette appellation qui sera conservée par sa descendance. Dès le décès de Simon II, le comte du Poitou se porte sur Parthenay et s’empare de la ville. Guillaume III se réfugie chez le sire de Beaumont, seigneur de Bressuire, tandis que sa mère gagne Vouvant. Il y a tout lieu de penser que cette prise de Parthenay est encore en relation avec le droit de rachat. La somme pouvait être supérieure à une année de revenus et il semble que le comte du Poitou conserva la ville une bonne année ce qui lui permettra sans doute d’être payé de son dû. En 1123, Guillaume III hérite d’une Gâtine appauvrie par quarante années de guerres et sa famille a subit une perte d’influence significative. De 1124 à 1129, il se fait connaître pour des donations aux profits des abbayes de l’Absie et Fontevraud. On lui doit sans doute la reconstruction de l’église Notre-Dame-de-la-Coudre C’est sous son règne, qu’eut lieu la célèbre conversion du comte du Poitou, Guillaume X, par Bernard de Clairvaux en 1137. Il a Théophanie pour épouse dans un acte rédigé entre 1115 et 1129.

 

Guillaume IV Larchevêque (vers 1140 – vers 1182)

Fils de Guillaume III, il accède à la tête de la baronnie vers 1140. En 1144-1146, il participe à une guerre contre le comte d’Anjou et n’obtient la préservation de la Gâtine que par une âpre négociation. Guillaume est surtout connu pour ses bienfaits envers les églises et établissements monastiques, notamment l’abbaye de l’Absie. Il semble être à l’origine de la création de l’église Saint-Jacques. Il part en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle en 1169 et, à son retour, fonde le prieuré de la Maison-Dieu en 1174. C’est à lui que l’on doit le plus ancien sceau conservé des seigneurs de Parthenay. Il est apposé sur un acte rédigé entre 1170 et 1182. Le sceau a 63 mm de diamètre et porte le dessin d’un personnage mitré à cheval sur un lion qu’il maîtrise en lui maintenant des deux mains les mâchoires ouvertes. Il porte en légende : + SIGILVM.WILLELMI.ARCHIEPISCOPI. Cette symbolique rappelle la lutte de Josselin II contre les hérétiques, emblème du patronyme Larchevêque. Son épouse Rosane n’est plus citée après 1155. On lui connaît quatre fils : Guillaume qui semble l’avoir précédé dans la tombe, Hugues 1er, Josselin – qui est cité jusqu’en 1183 – et Bonnet. Ce dernier est mentionné dans un acte écrit entre 1155 et 1180, Boneto filio Willelmi Archiepiscopi. On ignore la date et le lieu de sépulture de Guillaume IV.

 

Hugues 1er Larchevêque (vers 1182 - 1218)

Fils de Guillaume IV, il est à la tête de la baronnie en 1182. En 1188, ayant pris part à la révolte contre Henri Plantagenêt, roi d’Angleterre, il est dépossédé de la seigneurie de Secondigny. Il est possible qu’il perde également celle de Hérisson. Il abandonne le droit de mutation pour le prieuré de Parthenay-le-Vieux en 1192, et donne un pré à Verruyes pour l’abbaye de Saint-Maixent en 1197. En 1202, il confirme toutes les donations faites par ses ancêtres au profit de l’abbaye de l’Absie. Il sera particulièrement fidèle à Jean Sans Terre qui, pour le récompenser, lui versera des sommes considérables qui permettront de fortifier convenablement la ville de Parthenay et reconstruire les châteaux de Parthenay et du Coudray-Salbart. Cette fidélité lui vaudra toutefois d’être fait prisonnier lors de la prise de Parthenay par le roi Philippe Auguste en 1207. Il semble rester plusieurs années prisonnier avant de retrouver la Gâtine et de continuer à servir le roi d’Angleterre. Il aurait été inhumé dans l’église Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux, à gauche du chœur. On trouve une dernière mention de lui dans une charte de l’abbaye de Saint-Maixent en 1218. Il était l’époux de Damète, dont on connaît deux enfants, Guillaume V et Létice, qui épousa Aimery, seigneur de la Rochefoucault. Damète était sans doute de la maison de Rochefort et apporte la seigneurie de Châtellaillon dans l’escarcelle du seigneur de Parthenay. Hugues utilisera les joyaux de sa femme pour emprunter de l'argent aux religieux de l'Absie, afin de suppléer à l'arrêt des aides financières de Jean-sans-Terre. Hugues avait pour sceau le dessin d’un personnage de profil à droite coiffé d’un heaume cylindrique et vêtu d’un haubert, à cheval sur un lion qu’il maîtrise en lui maintenant la mâchoire des deux mains. Dans le champ, derrière le personnage, une crosse, volute en dedans et la légende + SIG…..HVGONIS: ARC.IEPISCOPI. Le contre-sceau représente un écu triangulaire burelé à la bande.

 

Guillaume V Larchevêque (1218 - 1243)

La première mention de son existence remonte à 1214, lorsqu’il appose sa signature sur un document concernant la trêve de Chinon pour le roi d’Angleterre. Contrairement à son père, Guillaume V a une position plus ambiguë vis-à-vis de ce dernier, mais il saura profiter de ses bienfaits. Les sommes importantes qu’il reçut du roi d’Angleterre lui permirent d’accroître la puissance de ses fortifications, et il y a tout lieu de penser que c’est à lui que l’on doit l’articulation du château actuel, notamment la tour d’Harcourt et la tour dite de la Poudrière. Il se soumet définitivement au roi de France en 1242 et décède quelques mois plus tard au début de 1243. Vers 1222, il fait hommage de ses terres dépendantes de l’abbaye de Saint-Maixent. Époux d’Amable de Rancon, il eut un fils, Hugues II, et trois filles, Jacquette, femme de Pérusse de Saint-Bonnet ; Isabelle, première femme de Maurice de Belleville, seigneur de Montaigu en Poitou ; Jeanne, épouse de Pierre de Rostrenau. Son sceau est ainsi désigné : équestre à droite ; heaume grillagé ; haubert sous la cotte ; l’écu, vu de face, le troussequin et la house aux armes ; burelé à la bande. Champ de rinceaux. Le contre sceau porte un écu burelé de 16 pièces à la bande avec un champ de rinceau. Il semble être le créateur de la charge de Maître d’école de Sainte-Croix et que ce soit son gisant et celui d’Amable de Rancon qui se trouvent dans cette même église.

 

Hugues II Larchevêque (1243 - 1271)

Lorsqu’il accède à la tête de la baronnie, Hugues est trop jeune pour faire hommage au comte du Poitou. C’est donc son oncle qui s’en charge. Son mariage avec Valence de Lusignan, conclu avant 1247, va lui permettre de doubler ses biens et le placer parmi les plus puissants seigneurs du Poitou. En 1248, à la suite du décès de son beau-père Geoffroy de Lusignan, dit Geoffroy là Grand’Dent, il entre en possession des seigneuries de Vouvant, Mervent, Moncontour… En septembre 1263, avec le décès de Geoffroy de Rancon, fils de sa sœur aînée, il augmente ses possessions avec la seigneurie de Taillebourg. Il n’en jouira complètement qu’après plusieurs années à cause d’un procès intenté par ses cousines germaines. Hugues fut l’un des quatorze barons qui s’accordèrent avec le comte du Poitou sur la valeur du droit de rachat que prélevait ce dernier à chaque changement de propriétaire d’un fief. Ce droit fut fixé à une année du revenu de la seigneurie ou fief. Hugues participe avec Charles d’Anjou à la conquête des Deux-Siciles. Durant sa vie, il confirme des donations envers des établissements religieux, notamment l’abbaye de la Grainetière en Vendée, située dans la seigneurie de Mouchamp. On lui doit semble-t-il, la fondation de la chapelle des Cordeliers de Parthenay. Le dernier acte qu’on lui connaisse date de 1271. Valence, son épouse, vivait encore en 1269. Six enfants nous sont connus : Guillaume VI, qui lui succède, Hugues (qui semble avoir péri lors des campagnes de Flandres vers 1304), Alix (qui épousera Hugues Maingot, seigneur de Surgères), Marie, Jeanne (épouse de Jean 1er de Maillé, semble-t-il) et Marguerite qui serait devenue abbesse de Fontevraud vers 1307 mais qui ne se trouve pas dans la liste officielle. Sans que l’on sache pourquoi, un texte de 1676 le dénomme Hugues le Fort. On peut supposer que le Jean Larchevêque que l’on trouve en 1295 comme bailli de la bastide de Granate, dépendante du comté de Toulouse, pourrait être fils d’Hugues II. Jean 1er, fils de Guillaume est alors trop jeune pour tenir ce poste. On connait un sceau d’Hugues avec un écu burelé de 14 pièces à la bande, entouré de branches fleuries avec la légende + :S:DOMINI HVGONIS.ARCHIEPICOPI. Sur un autre sceau, on a : équestre à droite, le cheval au galop ; heaume à fond plat, haubert sous la cotte ; l’écu, vu de profil, et la housse aux armes.

 

Guillaume VI Larchevêque (1271 - 1322)

Guillaume est encore mineur lorsqu’il prend la tête de la baronnie. Il est également seigneur de Mervent, Vouvant, Soubise, Mouchamp, Châtellaillon et Taillebourg, ce qui le place parmi les principaux seigneurs du centre-ouest de la France. On le trouve également seigneur de Vendrenne en 1280. Bien qu’il soit mineur, il accepte de prendre part à la campagne menée par Philippe le Hardi, roi de France, contre le comte de Foix en 1271-1272. Entre 1271 et 1278, il rend hommage des terres qu’il possède de l’abbaye de Saint-Maixent. En 1300, il achète la seigneurie de Rochefort, en Saintonge, à Hyolent, femme de Pierre Bouchart, mais Philippe le Bel, en tant que comte de Poitou, en fait aussitôt le retrait. En 1302-1304, Guillaume participe à la campagne des Flandres avec son frère Hugues (ce dernier avait épousé Isabelle de Neelle qui vivait encore en 1314), aux côtés de Philippe le Bel. Il est alors à la tête de dix chevaliers et 43 écuyers relevant de ses domaines. En 1302, le roi lui demande personnellement de faire savoir aux marchands qu’ils peuvent approvisionner l’armée des Flandres en étant exempt de taxes et péages. On le trouve en tête de liste des poitevins convoqués à Arras le mardi après la Pentecôte 1304. Il avait épousé en premières noces Jeanne de Rotrou, dame de Montfort, en 1273. Cette dernière, qui décède en 1291, est inhumée aux Cordeliers. Elle était réputée pour ses bienfaits envers les pauvres. Jeanne avait apporté à Guillaume Château d’Anjou (Château-la-Vallière), Saint-Christophe et Semblançay en Touraine plus Bonnétable près du Mans. De ce premier mariage sont nés Hugues (épouse Isabelle de Clermont-Nesle, sera seigneur de Montfort et meurt sans enfant vers 1315. Il donnera Semblançay en Touraine à sa femme, ainsi qu’une maison à Paris. Sa veuve vit toujours en 1329.), Jean 1er qui lui succède, Létice (mariée à Maurice, seigneur de Belleville, Montaigu, la Garnache, Châteaumur…, elle vit en 1331.), Isabeau, dite dame de Vibraye, de Montfort-de-Rotrou, d’Apremont et de Bonnétable (mariée en juillet 1315 à Jean 1er, comte d’Harcourt, vicomte de Châtellerault et seigneur d’Elbœuf. À en croire un acte de 1327 et un autre de 1329, Isabelle serait la fille de Jean 1er Larchevêque mais l’âge semble un obstacle à cette hypothèse. Il convient toutefois de préciser que Jean 1er, avant d’être seigneur de Parthenay, était seigneur de Montfort.) et Marie (épouse Girard III Chabot, seigneur de Retz, dit le Benoist, le 14 juillet 1299. Elle est dite dame de Saint Estienne et de la Mote Achart dans un acte ou elle s’arrange avec son neveu Guillaume VII Larchevêque, 1359.). De son remariage avec Marguerite de Thouars vers 1292, Guillaume aura comme enfant Guy qui fonde la souche des Parthenay-Soubise avec comme descendante la célèbre Catherine de Parthenay-Soubise. – Le gisant qui se trouve dans les allées du cloître de l’abbaye de la Grainetière (Vendée), déclaré comme étant celui d’un seigneur de Parthenay, pourrait être le sien, d’autant plus qu’il cède divers droits aux religieux de cette abbaye dans un acte de janvier 1280 ; il accorde également une autorisation pour un don en faveur de cette abbaye en janvier 1299. La découverte de ce gisant en 1815 fut à l’origine d’une ferveur envers un saint imaginaire : saint Rognoux. Le sceau de Guillaume était : équestre à gauche, le cheval au galop ; heaume conique ; haubert sous la cotte ; l’écu, vu de face, et la housse aux armes, la légende : + S’GVILL’I:AR’EPI:DNI: PTH’:VOLVETI:TAILLEB’: ET:MOTIS:FORTIS:, et le contre-sceau avec un écu burelé de 18 pièces à la bande.

 

Jean 1er Larchevêque (1322 - 1358)

À partir de 1315, on le trouve comme seigneur de Montfort à cause des biens venant de sa mère. Philippe V le Long, roi de France, l’autorise, à ce titre, à anoblir André Rouault en 1317. Toujours en 1315, un acte fait état de la ratification du don fait par ses parents de tous leurs biens quelques temps auparavant. En 1321, pour obtenir les bonnes grâces du roi, il lui écrit une lettre indiquant qu’il a arrêté un lépreux chargé par un juif d’empoisonner les sources du Poitou. Il alimente ainsi une affaire qui secoue la France depuis un an, permettant insidieusement l’enrichissement du roi par la saisie du bien des accusés. En fait, cette affaire en cache une autre car, dès l’année 1323, Jean est dénoncé pour ses positions hérétiques par un frère prêcheur, inquisiteur de la foi, originaire de Bretagne et prénommé Morice : avint que le sire de Parthenay, noble homme et puissant, fut accusé par devers le roy sur plusieurs cas de hérésie de par l’inquisiteur qui estoit frère de l’ordre des Prescheurs. Le roi ordonne son arrestation et le seigneur de Parthenay se retrouve emprisonné au Temple à Paris, de juillet à décembre 1323 (dominum Jean Archiepiscopi, dominum de Partenayo, in prisione apud Luparam, Templum, Parisius…). Jean 1er est ensuite conduit à Rome devant le pape et ce n’est que par les sollicitations de personnages influents que le saint Père accepte d’absoudre le seigneur de Parthenay. En contrepartie, et pour un an, ce dernier doit pourvoir à l’entretien de quinze hommes d’armes pour le service de l’église. Durant sa captivité, le roi avait saisi ses biens. Ils lui sont remis par lettre de main levée, le 29 août 1323. En 1327, Jean 1er est devenu l’un des conseillers du roi et il se trouve chargé par ce dernier de concourir à la défense de l’Aunis et de la Saintonge. Il participe ainsi aux prémices de ce qui deviendra la guerre de Cent Ans. Cette même année, il attribue une rente de 60 £ au chapitre de Ménigoute. En 1330, il se trouve gouverneur de Saintes et y combat les Anglais. En 1340, au nom du roi dont il est conseiller, il rassemble des troupes pour contrer un éventuel débarquement anglais en Talmondais. L’intense activité qu’il déploie au service du roi lui vaut une lettre d’État en 1346. En 1348, le roi lui fait verser 1 000 £ pour l’indemniser des pertes qu’il a essuyées et pour les frais de défense qu’il a fait effectuer. En 1351, il participe à plusieurs campagnes avec le roi, notamment au pont de Taillebourg, où il est fait prisonnier par les Anglais. À peine libéré contre rançon, il retombe au pouvoir des Anglais après la funeste bataille de Poitiers. Il ne retrouve la liberté qu’en 1358 et décède le 1er mai de cette même année. Il est inhumé aux Cordeliers. Jean avait épousé en premières noces Marguerite, fille de Guy, vidame de Chartres, qui meurt dès 1326 (elle est inhumée dans la chapelle des Cordeliers). De ce premier mariage, il y eut comme aîné Jean qui devait épouse Béatrix de Craon en 1331. On perd ensuite sa trace. En 1328, d’après le père Anselme, mais avéré en 1333, Jean se remarie avec Marie, fille de Guichard de Beaujeu (qui lui apporte la seigneurie de Chamelet – département du Rhône – équivalente à 700 £ de revenu) dont il aura Guillaume VII, Marie (femme d’Aymar de Maumont, seigneur de Tonnay-Boutonne) et Aliénor. Cette dernière sera d’abord abbesse de Bonneval de 1362 à 1374, puis la 21e abbesse de Fontevraud de 1375 à 1391. Quelques mois avant sa mort, Jean épouse en troisièmes noces Jeanne Maingot dont il n’eut pas d’enfant. Il est inhumé dans la chapelle des Cordeliers. Il avait pour sceau en 1336 : équestre à gauche, le cheval au galop, un panache sur la tête, semblant sortir d’une porte de ville ; le cavalier, la tête couverte d’un heaume grillagé, tient de la main droite une bannière aux armes, burelé à la bande, comme l’écu, vu de face, et la housse. Dans le champ, à sénestre de la tête du chevalier, un petit écusson aux armes. Un autre sceau de 1345 est ainsi décrit : écu burelé de 16 pièces à la bande ; penché, timbré d’un heaume de face couronné et cimé d’un vol, supporté par deux éléphants dans un quadrilobe.

 

Guy D'Assay (1356 - 1358)

Il est mentionné comme seigneur de Parthenay pendant la captivité de Jean 1er. L’acte du 7 janvier 1357 qui le cite en tant que tel, accorde la moitié des revenus de Parthenay au seigneur de Hérisson. Il est probable qu’il s’agissait là du moyen de rembourser le prix de la rançon de Jean Larchevêque. Guillaume VII, nouveau seigneur, entérinera la transaction en 1358.

 

Guillaume VII Larchevêque (1358 - 1401)

Dès 1351, il se trouve temporairement à la tête de la baronnie de Parthenay à cause de la captivité de son père. En 1353, son beau-père, Thibault de Mathefelon, reconnaît lui devoir 7 000 £ sur les 10 000 qu’il devait donner pour la dot de sa fille. Il est possible que Guillaume ait été fait prisonnier avec son père à la bataille de Poitiers car c’est Guy d’Assay qui assure la vacation à la tête de la baronnie pour la période 1356-1358. Dès son accession à la tête du domaine de Parthenay, Guillaume devient un baron influent du Poitou. Bélisaire Ledain dira de lui qu’il était l’homme le plus distingué de sa race depuis Josselin II. Le dauphin Charles, régent du royaume, le nomme lieutenant général en Poitou, Touraine et Saintonge le 22 mai 1358, mais le traité de Brétigny place bientôt le Poitou sous la coupe du roi d’Angleterre. Dès lors, hommage oblige, le seigneur de Parthenay sert avec dévouement le prince Noir. Il prend bientôt part à l’expédition d’Espagne, pour remettre Pierre le Cruel sur le trône de Castille. À la tête d’un corps de 200 chevaliers, il participe à la bataille de Najara qui conduit à la capture de Bertrand Du Guesclin. À son retour, le prince Noir lui confie diverses responsabilités de haut niveau, dont celle d’être un des cinq juges laïcs d’Aquitaine. En 1369, il est de ceux qui effectuent le siège du château de la Roche-sur-Yon. Après la mort de Jean Chandos, il fait partie des poitevins qui sont nommés gouverneurs du Poitou. A l’issue du siège de Thouars par Du Guesclin en 1372, il rend hommage de ses biens au roi de France, puis participe à l’éradication des troupes anglaises en Poitou et en Saintonge. Il est ensuite nommé lieutenant du roi et se voit confier la garde de certaines places fortes. En 1384, le roi Charles VI le charge de faire respecter la trêve signée avec les Anglais pour le Poitou. L’année suivante, il accompagne le duc de Bourbon dans sa campagne contre les Anglais dans le sud-ouest. Il assiste à la prise de Montlieu, Archiac, La Tourette, Berteuil et Taillebourg. Il décède le 17 mai 1401 et l’un des gisants qui se trouvent dans l’église Sainte-Croix, lui a longtemps été attribué. Le style des sculptures est du XIIIe siècle et semble concerner son aïeul, Guillaume V. Guillaume VII avait épousé Jeanne de Mathefelon (fille de Thibaut, chambellan du roi) vers 1349 (contrat initial de 1346, confirmé en 1347) dont il eut Marie (mariée en 1376 à Louis 1er de Chalons, comte de Tonnerre, Auxerre et Saint-Aignan), Jeanne (Dame de Semblançay, mariée le 21 janvier 1390 à Guillaume de Harcourt, vicomte de Melun, comte de Tancarville, seigneur de Montreuil-Bellay et chambellan du roi Charles VI. La dot comprend le chastel de Beausel en Touraine) et Jean II. Passionné de poésie, Guillaume commande à son chapelain, Coudrette, un ouvrage dont le titre est : Le roman de Mélusine ou histoire des Lusignan. L’auteur évoque le décès de Guillaume VII : Le dix septiesme jour de May. Et gist enterré à Partenay ; En l’église de Sainte Croix ; Là gist le chevalier courtois ; en moult noble sépulture. Coudrette y évoque également Jeanne de Mathefelon : Plus doulce qu’elle ne bit nulz, humble, courtoise et aimable, moult piteuse et charitable. Moult fit de bien a povre gent, tant ot le cuer et franc et gent. Amoureux des arts et de la poésie, on connaît plusieurs sceaux de Guillaume VII qui le prouvent. Le premier représente une intaille antique : buste lauré d’Apollon à droite, encadré postérieurement d’un cercle gravé comportant la légende et un équipement de chevalier à mi-corps ; ailette, pennon et écusson aux armes, burelé à la bande ; à dextre, heaume à grillage cimé d’une mitre et pour légende : Le : SEL’ .AV SIRE DE PTENAY. Deux de ses sceaux (1385 et 1387) représentent un oiseau sortant d’une rose épanouie avec la devise AU TEL VOV DI. Le contre-sceau est un champ burelé à la bande et, sur le tout, un heaume timbré d’un buste d’archevêque et la légende GVILL..SIRE D PARTENA... Mentionnons un autre sceau plus militaire : le seigneur, en pied, coiffé d’un heaume conique cimé d’une tête, cotte aux armes ; la main droite tenant une lance, la gauche à la poignée de l’épée qu’il porte au côté ; accompagné de six oiseaux, quatre portant des banderoles à la devise : AV TEL VOV DI, et les deux autres dans une rose.

 

Jean II Larchevêque (1401 - 1427)

M. Ledain décrit le dernier des Larchevêque de la manière suivante : le nouveau seigneur de Parthenay n’hérita point des grandes qualités de son père. Son caractère à la fois faible et violent le rendit accessible à toutes les influences et lui fit commettre des maladresses qui lui causèrent de grands embarras. Alors qu’il est encore mineur, le roi Charles V lui octroie sa vie durant la châtellenie de Frontenay. Il la rétrocède en 1378 et reçoit 2 000 F or d’indemnité par le roi. À son avènement, il est seigneur de Parthenay, Secondigny, Béceleuf, Coudray-Salbart, Vouvant, Mervent, Mouilleron, Puy-de-Serre, pour le Poitou, Châtellaillon, pour l’Aunis et Mathefelon, Duretal et Chevigné, pour l’Anjou. Son mariage avec Brunissent de Périgord tourne vite au chaos car la mésentente règne dans le couple. Il faut dire que Jean II a un comportement déplorable et humiliant envers son épouse. Il finit par la faire enfermer au château de Vouvant. De ce fait, aucun héritier n’était à attendre. Facilement manipulable, endetté, Jean II vend ses terres et sa baronnie à Jean de Berry le 13 novembre 1405 tout en gardant l’usufruit. Cette vente est aussitôt contestée par ses deux sœurs, Marie et Jeanne Deux autres actes de vente suivront avant que les clauses en soient réellement exécutées. Dans la période difficile que traverse alors la France, Jean II est tout d’abord partisan des Armagnacs puis des Bourguignons. Son engagement auprès de ces derniers vaudra à la ville de Parthenay de subir deux sièges : l’un en 1415, l’autre en 1419. En 1416, une nouvelle transaction de vente est conclue entre le nouveau dauphin, Jean, comte du Poitou, et Jean II Larchevêque. L’année suivante, un traité ne laisse à Jean II que la seigneurie de Parthenay et celle de Châtellaillon. Un dernier contrat de vente est signé le 19 novembre 1419 à Bourges. En 1423, Jacques d’Harcourt, épouse de sa nièce, tente de s’emparer du château de Parthenay. Il y est tué dans la tour aujourd’hui nommé tour d’Harcourt. Jean II décède après le 25 juillet 1427, non sans avoir ratifié la cession de sa baronnie faite par le roi à Arthur de Richemont. On lui doit quelques fondations pieuses, notamment celle de l’église Sainte-Croix pour le salut de ses ancêtres. Plusieurs sceaux sont connus dont : écu burelé de 16 pièces, à la bande ; penché, timbré d’un heaume mitré sur champ semé de petits écussons (aux armes de Mathefelon) et la légende S IOHAN LARCEVESQVE.

 

Louis de Guyenne (14 au 24 mai 1415)

Louis de Guyenne, Dauphin de France, est le seigneur virtuel de Parthenay après la confiscation des biens de Jean II Larchevêque par le roi et la donation en sa faveur. À sa mort, le dauphin attribue la baronnie à Arthur de Richemont.

 

Arthur de Richemont (1427 - 1458)

Né le 24 août 1393 au château de Suscinio près de Vannes, fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de Jeanne de Navarre, Arthur bénéficie d’une première donation de la baronnie de Parthenay le 24 mai 1415, par Louis de Guyenne, Dauphin de France, qui l’avait reçue de son père. Ce dernier l’avait confisquée le 14 mai précédent à Jean Larchevêque. Arthur entreprend aussitôt de se saisir de ses biens et il assiège Parthenay en 1415 lorsqu’il est appelé à participer à la tristement célèbre bataille d’Azincourt. Il y est blessé et une chronique déclare même qu’il fut tiré de dessous les morts. Arthur bénéficie d’une nouvelle donation de la baronnie de Parthenay par le dauphin Charles en 1425. Sa charge de connétable l’éloigne fréquemment de Parthenay, lieu de résidence habituelles de ses épouse successives que furent Marguerite de Bourgogne, duchesse de Guyenne, dite Mme de Guienne, morte en 1442, Jeanne d’Albret qu’il épouse le 29 août 1442 et qui décède à la fin de septembre 1444, et Catherine de Luxembourg. Gouverneur de la Basse-Normandie en 1453, il est un des artisans de la fin de la guerre de Cent Ans. En 1456, il devient duc de Bretagne et doit quitter la Gâtine. Il décède au château de Nantes le 26 décembre 1458, quelques mois après avoir rétrocédé ses domaines de Gâtine au roi Charles VII, qui les donne à Dunois, compagnon de Jeanne d’Arc. Richemont n’ayant pas d’héritier mâle, la baronnie devait en effet revenir à la couronne. Il avait une fille naturelle, Jacquette, qui avait épousé Arthur Brécart. Arthur a profondément marqué la Gâtine. Les archives témoignent des nombreux travaux qu’il fit exécuter dans des bâtiments militaires, commerciaux ou religieux. Tous ces travaux eurent des répercutions sur l’activité économique de la cité. Il semble probable que la physionomie urbaine actuelle remonte à cette période. Les fouilles archéologiques ont en effet montré une organisation spatiale différente pour les périodes précédentes. Arthur est incontestablement l’un des plus grands seigneurs qu’ait connu Parthenay.

 

Jean, bâtard d’Orléans, (1458 - 1461, 1461 – 1464, 1465 - 1468)

Fils illégitime de Louis 1er d’Orléans et de Marie d’Enghien, dame de Cany, Jean, comte de Dunois, naît le 23 novembre 1402 et décède à Saint-Germain-en-Laye le 28 novembre 1468, étant Grand Chambellan de France. Pour ses nombreux services, il reçoit la baronnie de Parthenay des mains de Charles VII. À son avènement, Louis XI lui la lui retire quelques mois en 1461. Disgracié pour sa participation à la ligue dite du Bien Public, Jean perd son domaine de Parthenay jusqu’au traité de Saint-Maur en octobre 1465. Il avait épousé en 1422, Marie Louvet qui décède en 1437. Il se remarie le 6 octobre 1439 avec Marie d’Harcourt (décédée en 1464) fille de Jacques dont le nom est attaché à l’une des tours du château Elle était la petite-fille de Jeanne Larchevêque, sœur de Jean II, dernier baron de Parthenay en ligne directe.

 

Comte du Maine (1465)

Pendant 10 mois, le comte du Maine est officiellement seigneur de Parthenay. Louis XI lui en fait don après confiscation sur Dunois en janvier 1465. Le bâtard d’Orléans avait été puni pour sa contribution dans l’affaire de la ligue du Bien Public. – Hommage de la baronnie terre et seigneurie de Parthenay & autres lieux relevant du Roy a cause de la tour de Monbergeon, Vouven, Mervant, Secondigne, le Coudray Sallebar, de Poictou fait par Charles Comte Dumaine le dernier jour d’avril 1464. Cet acte est de janvier 1465, avec confirmation en avril puis nouvelle cession à Dunois en octobre 1465.

 

François 1er d’Orléans (1468 - 1491)

Né en 1447, fils de Jean, bâtard d’Orléans, il épouse Agnès de Savoie en juillet 1466 (belle sœur de Louis XI qui décède en 1508). Les archives conservent la trace d’assez nombreux travaux d’embellissement qu’il fait exécuter au château En 1475, il est nommé lieutenant général en Poitou, Touraine, Maine et Anjou par Louis XI. A la mort de ce dernier, il complote contre la régence et le jeune roi Charles VIII. Cette affaire provoque la prise de Parthenay en 1487. Une grande partie des fortifications est détruite et l’économie de la ville eut à en souffrir. Son action pour permettre le mariage d’Anne de Bretagne avec le roi Charles VIII lui vaut de retrouver ses domaines. Il n’a guère le temps d’en profiter car il décède le 25 novembre 1491.

 

François II d’Orléans (1491 - 1513)

Né en 1478, fils de François 1er de Dunois, les archives n’ont pas gardé trace d’un quelconque passage à Parthenay. Il épouse le 6 avril 1505 Françoise fille de René duc d’Alençon. Il se distingue au service de Charles VIII et Louis XII dans les expéditions d’Italie en 1495 et 1502. Nommé gouverneur de Guyenne, il prend part à l’expédition envoyée en Navarre pour porter secours à Jean d’Albret contre les Espagnols en 1512. Il décède à Châteaudun le 12 février 1513. Sa fille unique, Renée d’Orléans décède peu après, le 23 mai 1515. Ce fut le premier duc de Longueville. Avec son avènement à la tête de la baronnie de Parthenay, la Gâtine ne devient plus aux yeux de ses détenteurs qu’un domaine modeste au sein de l’ensemble de leurs biens.

 

Louis 1er d’Orléans (1513 - 1516)

Né en 1480, frère de François II. Il participe à la bataille d’Agnadel et se retrouve prisonnier à celle de Guinegate. Il est remis en liberté après versement d’une rançon de 100 000 écus puis prend part à la bataille de Marignan en 1515. Il ne profite pas longtemps de l’héritage de son frère, car il décède le 1er août 1516 à Beaugency. Il avait épousé Jeanne (décédée en 1543), fille de Philippe, margrave de Baderweiler. Ils eurent trois fils : Claude, Louis II et François.

 

Claude d’Orléans (1516 - 1524)

Né en 1508, fils de Louis 1er, il ne sera que peu de temps seigneur de Parthenay car c’est sa mère qui assure sa tutelle. Il est nommé Grand Chambellan du roi le 15 novembre 1519. Il est tué d’une balle de mousquet lors du siège de Pavie le 9 novembre 1524.

 

Louis II d’Orléans (1524 - 1536)

Né le 5 juin 1510, fils de Louis 1er, c’est sous la tutelle de sa mère et avec l’aide de son oncle Jean d’Orléans, archevêque de Toulouse, qu’il fait procéder à la reconstruction des fortifications de Parthenay. Ce sont leurs armoiries qui ornent le fronton de la porte Saint-Jacques. Il épouse Marie de Guise, de la Maison de Lorraine le 4 août 1534. Il décède à Parthenay le 9 juin 1536. Sa veuve épouse ensuite Jacques V d’Écosse et elle devint donc reine d’Écosse. Sa fille sera ma célèbre Marie Stuart.

 

François III d’Orléans (1536 - 1551)

Né le 30 octobre 1535, fils de Louis II et de Marie de Guise, il succède à son père sous la tutelle de sa mère (reine d’Écosse) puis de son grand-père, Claude de Lorraine, duc de Guise. Il meurt sans postérité le 22 septembre 1551. Sa demi-sœur était la célèbre Marie Stuart. Il était duc de Longueville, comte de Dunois, Neufchâtel, Tancarville, seigneur de Parthenay, Béceleuf, le Coudray-Salbart, la Ferrière, connétable héréditaire de Normandie, Grand Chambellan de France.

 

Léonor d’Orléans (1551 - 1573)

Né en 1540, fils de François, il hérite de la baronnie de Parthenay en 1551. Il est fait prisonnier à la bataille de Saint-Quentin en 1557. Léonor passera une fois à Parthenay en revenant du siège de La Rochelle, le 4 juillet 1573, accompagné de son épouse Marie de Bourbon Saint-Paul qu’il avait épousée le 2 juillet 1563 (décédée en 1601). Il décède le 7 août 1573.

 

Henri I d’Orléans (1573 - 1595)

Né en 1568, fils aîné de Léonor d’Orléans, il est un fidèle du roi Henri III durant les guerres de Religion. Il sert ensuite Henri IV et meurt accidentellement à Amiens d’une salve de mousquet tirée en son honneur le 8 avril 1595. Il était duc de Longueville, souverain de Neufchâtel en Suisse, comte de Dunois et de Tancarville, pair et Grand Chambellan de France, gouverneur de Picardie. Le 28 février 1588, il avait épousé Catherine de Gonzague, fille du duc de Nevers (décédée en 1629). Haulte et puissante dame et princesse madame la marquise de Routhelin, princesse de Chatellaillon, dame de Parthenay, 1576-1583. Il laisse une fille, Catherine, qui décède en 1638 sans être mariée, et un fils, Henri.

 

Henri II d’Orléans (1595 - 1641)

Il naît quelques jours après le décès de son père, le 27 avril 1595. Il épouse Louise fille de Charles, comte de Soisson, le 30 avril 1617 (décède en 1637). Il se remarie le 2 juin 1642 avec Anne Geneviève fille d’Henri II, prince de Condé (décédée en 1679). Ce fut le dernier membre de la famille des Longueville à détenir la baronnie de Parthenay. Il vend cette dernière le 28 avril 1641 à Charles II de la Porte, maréchal de la Meilleraye. On trouve fréquemment mention de sa mère durant sa minorité. Il décède le 11 mai 1663.

 

Charles II de la Porte, maréchal de Meilleraye (1641 - 1664)

Né à Parthenay en 1602, fils de Charles et de Madeleine Charles, il suit l’enseignement du collège protestant de Saumur. Il se convertit au catholicisme par la volonté de Richelieu, évêque de Luçon, dont il devient écuyer. Il entre ensuite dans les gardes de la Reine Mère. Il épouse en 1630 Marie Renée Coëffier Ruzé d’Effiat dont il aura Armand-Charles. Veuf, il épouse, en 1637, Marie de Cossé, fille du duc de Brissac. Entré très tôt aux armées, il est déjà colonel en 1628 et participe au siège de La Rochelle. Là, pour avoir participé à un duel, il est destitué. En tant que cousin germain du cardinal de Richelieu, il retrouve son poste un mois plus tard. En 1633, qualifié de marquis, il reçoit le collier de l’ordre du Saint-Esprit et perd sa première femme, Marie Renée d’Effiat, le 23 août. Il est fait chevalier des ordres du roi et nommé lieutenant général en Auvergne en 1633. Nommé grand maître de l’artillerie en 1632, il exerce cette charge à partir de 1634. Son habileté dans l’art des sièges, le fait bientôt surnommer le preneur de villes, notamment Arras qui est restée française depuis. Il se signale dans toutes les campagnes de Louis XIII pour ses qualités de stratège et son courage. Lors de la prise d’Hesdin, le 29 juin 1639, Louis XIII le fait maréchal de France. Mais peu après, on lui reproche d’avoir subit une défaite à Saint-Nicolas près de Saint-Omer alors qu’il était à la tête de 7 000 hommes. Gouverneur de Nantes, puis gouverneur de Bretagne, il se retrouve régulièrement sur les champs de bataille. En 1642, il est en Catalogne et le roi lui confie le siège de Perpignan. En 1641, il achète la baronnie de Parthenay. Il est alors seigneur de la Meilleraye, chevalier des Ordres du Roi, conseiller au Conseil du Roi, lieutenant général pour le roi en haute et basse Bretagne, Grand maître et capitaine de l’artillerie, maréchal de France. Il demeure au Grand Arsenal du Roi à Paris. Nommé surintendant des Finances en 1648, il démissionne de cette place l’année suivante après avoir provoqué une banqueroute à l’État par sa mauvaise gestion. Il reste un des fidèles de la royauté durant les troubles de la Fronde. En 1663, un an avant sa mort, Louis XIV érige en duché-pairie ses terres de Parthenay et de Gâtine, sous le nom de duché de la Meilleraye. Le maréchal de la Meilleraye décède à l’âge de 62 ans, à l’Arsenal de Paris, le 8 février 1664. Son corps, initialement déposé dans l’église des Jésuites de la rue Saint-Antoine, est ensuite transporté à Parthenay et inhumé dans l’église Sainte-Croix en mai 1681. Son cœur est déposé à l’abbaye de Celles. On lui doit la construction du château de la Meilleraye. De nombreux auteurs, dès le XVIIe siècle, lui donnaient une origine roturière. Il n’en est rien. Son bisaïeul, Raoul de la Porte, parfois qualifié d’apothicaire, de marchand, de notaire, de portier, était en vérité écuyer et seigneur de la Lunardière dès 1522 au moins. Il descendait de Bertrand de la Porte de Vesins, tué à la bataille de Poitiers le 13 septembre 1356. La roture attribuée à Charles de la Porte n’était que le discrédit attaché à ses liens familiaux avec le cardinal de Richelieu.

 

Armand-Charles de la Porte, duc de Mazarin (1664 - 1694)

Né en 1632, fils de Charles II et de Marie d’Effiat, il épouse, par contrat du 28 février 1660, Hortense Mancini, nièce du cardinal de Mazarin dont il prendra le nom pour en recevoir l’héritage. Ce changement patronymique est autorisé par lettre patente de 1663. Il reçoit l’héritage du duc de Mazarin à la mort de ce dernier survenue le 9 mars 1661, une fortune estimée à 28 millions de £. Il succède à son père en 1664, ayant pris la charge de Grand maître de l’artillerie quelques temps plus tôt (il s’en démet en 1669), devient maréchal de camp en 1649 et lieutenant général des armées du roi en 1654. Si, étant jeune, il brille par son esprit, gracieux, poli, aimable, magnifique, instruit, il bascule peu à peu dans une dévotion extrême qui provoque la risée de la cour. Il laisse son duché de la Meilleraye à son fils le 7 août 1700, et décède le 9 novembre 1713, au château de la Meilleraye, laissant le souvenir d’un dévot. Son cœur avait été déposé dans la sépulture de son père dans l’église Sainte-Croix (profanée à la Révolution). On lui doit notamment l’aménagement du chœur de l’église Sainte-Croix selon l’articulation qu’il présente aujourd’hui. Il avait présenté son domaine de La Meilleraye à Hortense Mancini en 1665. Cette dernière s’enfuit de son palais parisien avec un amant dans la nuit du 13 au 14 juin 1667, étant déguisée en homme Elle se réfugie dans des pays limitrophes avant de gagner l’Angleterre en 1672 où elle décède en 1699. Ils eurent quatre enfants, Paul-Jules, Marie-Charlotte de La Porte qui épouse le marquis de Richelieu, comte d’Agenais, Marie-Anne de la Porte abbesse du Lys en 1698 et Marie-Olympe de la Porte, qui épouse Christophe Gigault, marquis de Bellefonds.

 

Louis XIV, roi de France (1694 - 1710)

La mort du dernier héritier mâle des Longueville, Jean Louis Charles d’Orléans, dit l’abbé d’Orléans, entraîne le retour de la baronnie de Parthenay à la couronne, selon les dispositions de l’acte de 1458. De ce fait, le roi de France devient seigneur de Parthenay en 1694. Les archives conservent de nombreux documents qui intéressent cette période. La santé économique de la cité n’est pas florissante et de nombreuses maisons sont en mauvais état, voire en ruines.

 

Paul-Jules de la Porte, duc de Mazarin (1710 – 1729)

Fils d’Armand-Charles et d’Hortense Mancini, né le 25 janvier 1666, il épouse Félicie-Charlotte-Armande de Durfort le 15 novembre 1685. Paul-Jules, qui était duc de la Meilleraye en 1686, prend possession du duché en janvier 1686 mais son père s’y oppose. Il recueille le duché de la Meilleraye en août 1700, le donne à son fils en 1729, et décède en 1731. Il récupère la baronnie de Parthenay en 1711. Il fut Pair de France en août 1700, duc de Mazarin, de la Meilleraye, de Mayenne, seigneur de Parthenay, gouverneur de Port-Louis, du Blavet, d’Hennebon et de Quimperlé. Il fit preuve de courage dans certaines batailles, notamment celles de Steinkerque en 1692 et Nerwinde en 1693 où il est blessé. Son train de vie et les conséquences de la faillite du système des billets de banque lui font accumuler des dettes jusqu’à ce qu’il se retrouve en procès contre 118 créanciers. Dans un premier arrêt royal, une pension annuelle de 110 000 £ lui est attribuée. En 1725, un nouvel arrêt fixe cette pension à un quart des revenus net de ses biens jusqu’à extinction de sa dette. D’autres créanciers se font connaître l’année suivante. – Ils ont une fille qui épouse Louis de Maillé en 1709 et un fils Guy-Paul-Jules.

 

Guy-Paul-Jules de la Porte, duc de Mazarin (1729 - 1738)

Né en 1701, duc de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayenne, Pair de France, baron de Parthenay. Il épouse Madeleine-Louise Françoise de Rohan en 1717 avec laquelle il n’aura qu’une fille, Charlotte Anthoinette. Son père lui délaisse le duché de la Meilleraye en 1729. Il abandonne complètement le château de la Meilleraye et la Gâtine et décède le 30 janvier 1738.

 

Charlotte Anthoinette Mazarin de la Porte, duchesse de la Meilleraye

Épouse d’Emmanuel Félicité de Durfort de Duras, duc de Duras, veuve dès 1735, elle n’a qu’une fille, Louise-Jeanne de Durfort de Duras.

 

Louise-Jeanne de Durfort de Duras (1738 - 1776)

Petite fille de Guy-Paul-Jules de la Porte, née en 1735, la toute jeune duchesse hérite du duché de la Meilleraye en 1738. En 1740-1748, elle est sous la tutelle de François Charles Pollalier de Beauregard. Elle épouse Louis-Marie Guy d’Aumont le 2 décembre 1747 et obtient la séparation de biens le 17 juillet 1760. Dans les années 1770, elle fait exécuter de très nombreux travaux pour remettre les bâtiments du duché en état. Elle vend ce dernier, dont la baronnie de Parthenay, au comte d’Artois le 28 février 1776. Elle décède le 17 mars 1781, était duchesse de Mazarin, Mayenne, la Meilleraye, comtesse de Belfort, marquise de Chilly et de Longjumeau. Les princes de Monaco descendent d’elle. Par arrêt du Parlement, le duché de la Meilleraye avait été placé en indivision les 23 février et 18 août 1758. En plus de Louise-Jeanne de Durfort, les autres propriétaires sont alors Adélaïde de Maillé, épouse du duc de Lauraguais, Félicitée de Maillé, épouse du marquis de Flavacourt, Pauline de Maillé, épouse de Félix de Vintimille.

 

Le comte d’Artois (1776 - 1792)

Le futur Charles X, frère cadet de Louis XVI, sera le dernier détenteur de la baronnie de Parthenay. La seigneurie n’était pour lui, comme pour les précédents propriétaires, qu’une source de revenus. C’est parce qu’il fit monter une grande partie des archives du château de Parthenay dans son domicile parisien, que nous avons la chance de pouvoir les consulter aux Archives nationales, échappant ainsi à l’incendie des archives de Niort.

 

 

Albéric Verdon : http://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/        

 

 

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